Un profond mal de vivre...

Publié le par Shana

… Par le voyage, on réalise un rêve éveillé dans l’espace et dans le temps, on échappe à un quotidien prosaïque qui emprisonne et qui fait mal…Mal de vivre ?
Oui…


Après la chute de Napoléon, en 1815, la restauration fait remonter sur le trône un roi ultra conservateur. La société « s’embourgeoise ». Les aristocrates exilés et rescapés de la Révolution Française rentrent en France et restaurent en partie une ancienne société et ses privilèges.  Les rêves d’une Europe unie où les « hommes seraient libres et égaux en droit » s’effondrent… Viendront les révolutions.  La plus « romantique » : celle de 1830 à Paris qui ne dure que trois jours. La plus fougueuse : celle de 1848 qui ébranle toute l’Europe… Wagner monte sur les barricades, Hugo les décrit (Les misérables) Delacroix les peint.( La liberté sur les barricades.)


Cette génération de 1830 est une génération de désespérés : les rêves des pères sont morts sur les champs de bataille de Napoléon ; l’Empereur est mort depuis 10 ans déjà… où est la liberté ? La fraternité ? Comment va naître la nouvelle société dont on a rêvé ?

 

La jeunesse de 1830 ne croit plus en un monde meilleur. Le seul moyen de le trouver est d’échapper à celui qui existe et qui emprisonne. Tout est bon pour fuir. Aussi bien en goûtant au haschich qu’en se réfugiant dans le rêve… Les romantiques revêtent des vêtements de couleur pour s’opposer au prosaïque monde bourgeois et à ses sinistres vêtements   noirs….ils portent les cheveux longs. Ils espèrent que l’art révolutionnera les mentalités. Ils méprisent le monde réel et bourgeois.


La jeunesse de 1830 rêve, se drogue, se réunit dans les cafés pour préparer un avenir meilleur (les Misérables, de Hugo) Elle parle de l’Orient… de ses possibles… et du voyage qu’on fera sûrement un jour. Sûrement. Mais le voyage réel annulera le voyage imaginaire : est ce souhaitable de vraiment partir ? Ne faut il pas mieux rêver et rêver encore ?


L’Orient semble promettre une vie en couleur, douce, pleine de poésie et de lumière. Pleine de femmes lascives mais invisibles, cachées dans les harem et toutes dévolues au plaisir seul.  L’Orient semble plein de violence aussi, de barbarie… de mystères. Il attire, il fait peur.


Mais le rêve du voyage n’est pas le voyage lui-même … « Comment parlerez vous de l’Espagne quand vous l’aurez visitée ? » demande Heine à Gautier… qui écrit dans la voiture qui le conduit en Espagne : « Encore quelques tours de roues et je vais peut être perdre une de mes illusions, et voir s’envoler l’Espagne de mes rêves »


Tout est dit…

 

 

Shana

Publié dans Culture Rrom-Orientale

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