L'Enseignement des Danses Orientales

Publié le par Fanny

Après ma typologie des amateurs de danses orientales, quelques éclaircissements sur l’enseignement des danses orientales pour qui ne passerait pas assez de temps sur le forum Sharqi Girl… (sourire…)

 

 

Ibrahim Akef (décédé en 2006), Mahmoud Reda et Raqia Hassan [voir photos] et restent des références pour les adeptes de la danse orientale égyptienne. Ibrahim Akef a connu les « premières danseuses orientales » (les almées de la rue Mohammed-Ali au Caire), les premiers cabarets modernes, l’arrivée du cinéma et toutes les stars. Mahmoud Reda, fondateur de la troupe Reda, a presque « académisé » cette danse en la présentant sous forme de ballet (avec tout ce que cela implique concernant la mise en scène et les qualités des danseurs). Et Raqia Hassan, fondatrice du Festival « Ahlan Wa Sahlan », rassemble chaque année des centaines de danseurs du monde entier durant plusieurs jours de festivités…

 

 

 

Tous trois ont formé de nombreux danseurs, dont certains furent proclamés (ou auto-proclamés ? … comment savoir ?) « maîtres » à leur tour. Certains font la course à ce type d’enseignement par snobisme, d’autres par profonde conviction, pour s’imprégner d’un style et d’une pédagogie « à la source ». Le Caire reçoit chaque année parmi ses touristes de nombreux danseurs en provenance des quatre coins du monde, en quête de ce fameux « plus pur style égyptien », qu’ils enseigneront à leur tour à leurs élèves.

 

 

Un autre débat vise les danseurs enseignant au bout que quelques années de pratique. Je pense que les années d’expérience importent, mais pas seulement. Que demande-t-on à un professeur de danse, orientale en l’occurrence ? De savoir danser et de maîtriser sa technique, pour pouvoir l’enseigner, de connaître les différents rythmes et styles pour pouvoir les expliquer, d’aimer profondément son art pour pouvoir le partager avec passion (donc, sans « rétention d’information »).

 

 

Le nombre d’années d’expérience passe pour une preuve irréfutable de compétence, mais il existe aussi « toutes jeunes profs », vraiment mordues et désireuses de faire avancer les choses. Du coup, je crois surtout que chaque parcours se défend et que chacun(e) peut se faire sa place s’il est honnêtement confiant en ses acquis (car la pédagogie ne s’invente pas non plus !) et vraiment passionné par ce qu’il (elle) fait.

 

 

Petite parenthèse sur les chorégraphies : un danseur est amené à créer, il est forcément chorégraphe. Dans le cadre d’une troupe, c’est moins le cas, puisqu’en général un chorégraphe est désigné, et les autres danseurs interprètent ses chorégraphies. Hors de ce dernier contexte, qu’un danseur interprète légitimement (avec son accord !) les chorégraphies d’un autre, ce peut être une idée. Après tout, nous débutons tous ainsi, en présentant la chorégraphie de notre professeur en fin d’année.

 

 

Là où je commence à tiquer, c’est quand je vois plusieurs danseurs présenter la même chorégraphie et l’annoncer comme étant de leur cru (ou de ne rien dire du tout… c’est un mensonge par omission, mais un mensonge quand même) : soit ils l’ont « achetée au Caire » ou ont suivi le même stage chorégraphique, soit ils l’ont « empruntée » à un confrère. On devrait continuer à les présenter comme « danseurs-chorégraphes » ?

 

 

Aux apprentis-danseurs (et si on aime son art, on apprend toute sa vie) d’affiner leur opinion personnelle… Ensuite, c’est comme pour les sorties de films, les plus médiatiques ne sont pas forcément les meilleurs : célébrité et talent se complètent sans être liés automatiquement. Personnellement, j’ai été autant déçue par l’autosuffisance de « grandes pointures » qu’enchantée par la générosité de chouettes inconnus (ou « moins connus »).

Publié dans Danseurs et Danseuses

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elfine 10/08/2007 12:39

Je suis une mordue de DO comme toutes sur ce blog. Ton article me réconforte énormément. En effet, depuis le dernier numéro de Passion Orientale, j'ai senti comme un profond malaise dans le cercle de la DO. Si les avis qui ont été publié sont louables, il n'empêche que les professeurs "illustres inconnus" mais néanmoins talentueux (même si autodidactes) ont été complétement oublié. Un art, avant de devenir reconnu, académique et "enseignable" naît de la passion . Qui a créé la danse orientale? des hommes et des femmes passionnés tout simplement. aucun d'entre eux ne se sont reconnus professeurs. Il est normal qu'avec le temps, un art nouveau devienne un enseignement, il est légitime que ses précurseurs veuillent le protéger contre les abus du merchandising, mais il est inacceptable de vouloir fermer la porte aux nouveaux autodidactes. A ces personnes qui possédent le don de danser et d'être pédagogue. Je suis entièrement pour le mouvement qui se monte à l'heure actuelle dans le monde de la DO mais je suis révoltée (et j'espère me tromper réellement) par l'ellitisme qui est sous jacent.
Alors oui, il y a des personnes qui se proclament haut et fort professeur-chorégraphe, mais les éléves ne sont pas dupes: les passionnées iront voir rapidement ailleurs et les moins passionnées seront néanmoins contentes.
Qui sommes nous pour juger? le plaisir des éléves, à mon avis est et doit demeurer le plus important. Oui pour la qualité de l'enseignement, non à l'ellitisme.
En tout cas, merci pour ton article, ça me redonne confiance pour la suite.
Bye

Fanny 10/08/2007 13:40

Eh bien Elfine, merci pour ton long commentaire ! N'hésite pas à m'écrire pour échanger idées et points de vue... @ bientôt ! Fanny

Elo 07/05/2007 13:45

On reste sur notre faim, cet article super intéressant mériterait d'être approfondi dans une suite. A+ Fanny

Fanny 07/05/2007 14:04

Que voudrais-tu voir développé par exemple ?

shana 01/05/2007 08:39

voilà, j'ai enfin pris le temps de lire ce long article qui fait un état des lieux bien intéressant!
 c'est toujours utile de faire le point, cela clarifie les choses!
bon premier mai!!
 
shana

Fanny 01/05/2007 10:42

Merci Shana