Les danses sont un voyage vers d’autres cultures, donc d’autres contrées… Peut-être un brin nomade dans l’âme, je rêve souvent de voyages… Une récente conversation m’a donné envie d’écrire cet article, qui inaugurera une série sur mes rêves de voyages…
Cordóba, Grenada, Sevilla… et à ces mots mon esprit s’emballe : une bribe d’Orient au coeur de l’Europe (jusqu’à l’arrivée prochaine de la Turquie). Mais pourquoi cet attrait ?
Un peu d’histoire pour comprendre cet héritage oriental en Espagne…
A partir de 711, le détroit de Gibraltar était le point de passage des invasions musulmanes en Europe occidentale. Le pays sous domination mauresque dépassait largement le territoire actuel de l'Andalousie. Al-Andalus s'étendait en effet jusqu'aux limites des Asturias dans son extension maximale.
La Reconquista opérée de 718 à 1492, par Ferdinand de Aragón et Isabel de Castilla mît fin à ces invasions, et s’acheva avec la prise de Grenade en 1492, et donc le départ de Boabdil, le dernier souverain maure de la Péninsule. Le peuple maure fût banni des terres espagnoles en 1609, sous l'ordre de Philippe III.
Paradoxalement, ces violences ont laissé place à des splendeurs architecturales comme l'Alhambra à Grenade, la Mosquée-Cathédrale de Córdoba, la Torre del Oro et la Giralda à Sevilla, et le Gibralfaro à Málaga… que je rêve de visiter un jour…
Mais l’héritage arabe se manifeste également dans le vocabulaire : aceituna, l’olive, provient de l’Arabe az zeituna, albaricoque, l’abricot, de al-barquq, le plus grand fleuve d’Andalousie El Guadalquivir, de Al Ouad Al Kabir… et bien d’autres encore puisque l’on compte entre 4.000 et 5.000 mots d’origine arabe dans la langue espagnole !
On ne peut pas parler de l’Andalousie sans évoquer ses fortes influences gitanes. Un « laisser-passer » témoigne de la présence rrom dans cette région dès 1425. Chassés d’Egypte (de Grèce en fait !) par les Sarrasins, l’arrivée des Gitanos (contraction d’egipcianos) à Al-Andalus serait due à la présence musulmane et l’opulence militaire du 15e siècle (richesse due à la forte présence militaire qu’il a fallu équiper et distraire).
Los gitanos sédentarisés en Andalousie développèrent toute une culture autour de la danse flamenca, où danse et chant fusionnent, même si au départ le flamenco était simplement un chant, sans accompagnement. Cette danse mixte s’identifie par el zapateado (frappes des pieds) et las palmas (frappes des mains), qui furent introduits avec l’utilisation de la guitare… Bien plus tard, s’ajoutèrent un instrument de percussion péruvien, la guitare basse… et les célébrissimes castagnettes !
Patrie du flamenco, l’Andalousie compte aussi nombre de célébrités dans divers domaines artistiques : Diego Vélasquez, peintre « baroque », Federico Garcia Lorca, poète dramatique, Pablo Picasso, peintre cubiste (un des fondateurs du mouvement), Antonio Banderas, acteur, Camarón de la Isla, chanteur de flamenco…
Magali raconte ses vacances : " C'était MA-GNI-FI-QUE ... On a fait Malaga-Grenade-Cordou-Seville-Gibraltar.... C'est tellement riche en monuments a découvrir, en paysages à admirer... Et puis quelle ambiance le soir ... c'est vivant, festif ... Toute la journée tu visites des chefs d’œuvres de l'art architecturale arabe et andalou (le palais de l'Alhambra, le palais de l'Alcazar, la cathédrale de Séville, la grande mosquée de Cordoue...), puis le soir tu t'installes sur la terrasse d'une petite bodega pour siroter une sangria et déguster de délicieuses tapas ... Certains soir, nous sommes allés voir et écouter du flamenco et de la zambra (flamenco gitan) ... magique !"
Peut-on rêver de plus belles vacances ??
Pour poursuivre le voyage :
Surfez sur Wikipédia pour tout savoir sur :
- l’Andalousie
- le Flamenco
Un site espagnol très intéressant à découvrir également : Gitanos en Andalucía
Une lecture que je recommande : « Les Cahiers de Science et Vie » n° 93, L'âge d'or de l'Islam Andalou.
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